détruire.
Dans notre société actuelle ou tout repose sur la volonté de réussir, la peur d'échouer, la performance, tout est sujet à créer des troubles, des frictions, des tensions. ou est passé le respect, la quiétude, l'amitié, ou est passé l'amour? Amour de réussite, passion de l'argent, amour de fortune, passion de gloire, haine de l'erreur. Robotisés. Déshumanisés. Sommes-nous devenus les rejets d'une société qui se veut trop parfaite? Cherche-t-on à créer un monde parfait tout en nous détruisant? Ou détruisons-nous car nous voyons que tout nous échappe. Sommes nous aveuglés par notre déchéance, fermons-nous les yeux face à notre futur certain: la mort dans un incommensurable bordel créé de toute pièce par les douze milliards de mains de cette terre? Nous fermerons les yeux jusqu'à ce que la violence de la chute nous les ouvrira. S'ensuivra un spasme d'agonie, tous les tissus sanguins de notre corps, affalé sur le sol tel un vulgaire pantin, se dilatant, formant des ecchymoses, avant de faire cesser la bête pompe cardiaque qui nous maintient en vie. Le sang s'écoulant de notre bouche aux commissures aussi sèches que notre c½ur. Notre misérable vie défilant devant nos yeux cernés de rêves déchus. Notre âme, 21 grammes, quittant ce corps flasque et désormais démembré. Voilà ce qu'il reste. Après la chute. Après toute une vie passée à chercher le meilleur, à tenter désespérément d'être le meilleur. Tenter vainement d'exister.
mais la n'est pas du tout le sujet que je voulais aborder.
Dexter, lui, fait front à tous ces assauts. Brillant expert sanguin, il mène une vie dans la norme, ne cherchant en aucun cas à se dépasser. Ce qu'il cherche, c'est à assouvir ses propres pulsions. Pulsions de vie. Aussi vitale que respirer un peu d'air. Pulsion de destruction. Pulsions qui, je le rappelle, sont exactement les mêmes que les nôtres. Nous avons juste étiqueté des codes pour "faisable" "non faisable". Et s'il apparaissait que ces règles étaient erronées? Et si les règles que notre société en pleine déchéance avaient créé la déchéance de celle-ci? Alors, "au diable le code, c'est plus comme... une sorte de guide en fait", créons de nouvelles règles, qui peut-être, arriveront à nous sauver, nous stopper dans notre chute. Comme un parachute invisible dont on réaliserait soudainement qu'il est là, juste derrière nous. Regarder en arrière. Analyser nos erreurs. Sortir de ce cercle (vicieux mais si plaisant) dont nous sommes emprisonnés.
Et vite.
La fin est beaucoup plus proche que nous le pensons.
